************ Anatomie d'un trauma *************
** Ma solitude grandit ... Mon corps froid sombre lentement dans le tourment, l'espoir est le revers du désespoir, mais peu à peu je sombre lentement 12 pieds sous les flots, mes yeux restant grand ouverts sur les mondes qui n'eurent jamais été... Et peu à peu ma mémoire se vide ... La mort tend sa main froide, mais de toute les mains tendues, je ne vois que celle-là...
L'être que je fus jadis perd ses ailes et le syndrôme de l'ange déchu m'apparaît comme une évidence, plus jamais je ne serai ce que je fus ... Plus jamais ...
Et l'aveugle embrassa les mains d'un ange...
Mais tout n'était que reflets d'illusions morts-nées ... Je marche dans mes pas dans ce jardin noir et humide, et soudain je vois dans un miroir poussièreux mon visage livide affichant un rictus similaire à un sourire, et pour la première fois, je réalise que j'ai presque souri ... Hier était une autre éternité ... A tout jamais ...
Mais dans une centaine d'années qui s'en souciera... Nous continuerons à peindre les visages des morts pour leurs redonner un rictus humain, sous une lumière artificielle, et nous coifferons leurs cheveux pour ensuite les déposer dans leurs écrins, où leurs visages de pierre continueront à contempler l'éternité d'un monde qui n'est déjà plus...
Ce coeur en décomposition explose dans ma poitrine, laissant ce corps se recroqueviller comme un embryon. Froids et gelés comme la glace, mes yeux continuent de faire briller cette noirceur aveuglante ... Quelle ironie ...
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